Mon empire, mes règles : j'ai ruiné mon frère et sa copine michto

NovelMaster Terminé
现实主义-Realistic

Je suis passée à l'entreprise de mon frère pour lui déposer des documents, mais une femme que je ne connaissais pas m'a barré la route à l'accueil. « Je viens voir Bastien Castille. Je suis sa sœur », ai-je expliqué calmement. Elle a ricané. « Depuis quand il a une sœur, lui ? T'es juste une michto de plus, non ? » « Que ce soit bien clair : Bastien est MON mec ! J'ai déjà géré pas mal de filles sans scrupules qui essayaient de le draguer au bureau. Dégage d'ici avant que j'appelle la sécurité pour te jeter dehors ! » J'ai tout de suite envoyé un message à mon assistant : *Dis à Bastien Castille de descendre immédiatement.* Ce que personne ne savait, c'est que tout ce qui appartenait à notre famille — y compris cette entreprise — m'appartenait en réalité. Même cet abruti de frère. 1. « Arrête de traîner là », a craché Inès Bartoli, le ton plein de venin. Elle me prenait clairement pour une arriviste désespérée. « Casse-toi, ou j'appelle la sécurité. » Plusieurs employés commençaient déjà à nous jeter des regards en coin. J'ai froncé les sourcils. Pas de temps à perdre avec ces conneries. J'ai sorti mon téléphone pour appeler directement mon frère. Mais je suis tombée sur son répondeur. Indisponible. J'ai réessayé. Pareil. Qu'est-ce que ce crétin foutait pendant les heures de boulot ? J'ai rangé mon téléphone et j'ai fait face à cette femme agressive, en articulant bien chaque mot : « Laisse-moi éclaircir les choses. Je m'appelle Léna Castille, et je suis la sœur de Bastien Castille — la sœur du PDG. » « Il ne répond pas pour l'instant. N'hésite pas à demander à n'importe qui dans l'entreprise ou à chercher mon nom dans l'annuaire interne. » Je pensais que ça réglerait l'affaire rapidement. Mais en entendant mon nom, la réceptionniste n'a même pas pris la peine de vérifier. À la place, elle a lâché un rire strident et moqueur. Elle riait si fort qu'elle en avait mal au ventre, attirant encore plus les regards curieux des passants. Puis elle s'est soudainement approchée, baissant d'un ton pour me chuchoter de façon venimeuse : « Tu continues ton petit jeu ? J'ai vu ta tête sur le téléphone de Bastien ! » « Espèce de briseuse de ménage ! Tu tournes autour de mon mec en douce ! » « Et maintenant, tu as le culot de te pointer dans sa boîte ? Tu n'as aucun respect pour toi-même ? » Je suis restée figée une seconde. J'ai jeté un coup d'œil à son badge — Inès Bartoli — et j'ai secoué la tête, incrédule. C'était donc elle, la petite amie mystérieuse de Bastien. Celle dont il refusait même de me montrer une photo. Il s'avérait que c'était juste une fille mesquine et vulgaire. Comment pouvait-il avoir des goûts aussi désastreux ? J'ai compris que cette confrontation n'était pas un malentendu. C'était du harcèlement pur et simple. Avant que je ne puisse réagir, elle a complètement perdu patience. « Puisque cette femme refuse de partir et perturbe notre espace de travail, je ne serai pas responsable de ce qui va lui arriver ! » Elle a fait un signe de la main, et deux vigiles baraqués qui se tenaient à proximité se sont immédiatement avancés. L'un m'a plaqué la main sur la bouche tandis que l'autre me tordait violemment les bras dans le dos. Je me suis débattue de toutes mes forces, mais la différence de taille était trop grande. Ma résistance ne servait à rien. Ignorant mes éclairs de colère et les regards choqués des employés, ils m'ont traînée hors du hall, direction la réserve à l'arrière. Ils m'ont jetée brutalement dans un coin poussiéreux encombré de cartons. L'air y était lourd et étouffant. La porte s'est refermée dans un claquement sec, me coupant de toute lumière et du bruit de l'extérieur. 2. Dans l'obscurité, la réceptionniste n'a pas dit un mot avant de lever son talon aiguille et de m'enfoncer un grand coup dans le ventre. La douleur aiguë m'a pliée en deux instantanément, me soulevant le cœur. « Ça, c'est pour avoir essayé de détruire mon couple ! » « Ça, c'est pour l'avoir dragué ! » Elle hurlait, la voix déformée par la jalousie et la rage. Elle m'a regardée de haut avant d'ordonner aux deux hommes : « Donnez-lui une bonne leçon ! Qu'elle le regrette amèrement ! » Les vigiles étaient visiblement à sa solde. Sans aucune hésitation, ils ont commencé à me ruer de coups. J'ai mordu ma lèvre pour ne pas hurler de douleur. J'avais l'impression que mes os se brisaient et que mes organes éclataient. Sa voix stridente résonnait : « Tu t'es prise pour qui ? Une traînée désespérée qui essaie de me voler mon mec ! » « Je t'ai dit que je suis sa sœur ! Si tu ne me crois pas, appelle Bastien tout de suite ! Je vais lui parler moi-même ! » J'essayais de m'expliquer, mais elle ne voulait rien entendre. Elle n'a fait signe aux vigiles d'arrêter que lorsque j'ai commencé à perdre connaissance. Elle a posé son talon aiguille sur mon épaule, puis a ramassé l'enveloppe déchirée par terre. Elle a écrasé les documents sous sa semelle en me lançant un sourire sadique : « Tu as intérêt à t'excuser tout de suite et à admettre tes torts. Tu vas écrire un mot où tu jures de ne plus jamais approcher mon petit ami. » « Voilà ce qui arrive quand on cherche à me voler mon homme et qu'on a le culot de venir ici. » « Je n'ai pas peur des conséquences. Bastien réglera tout pour moi. » Je me suis recroquevillée de douleur, trouvant à peine la force de parler : « Ces documents... étaient importants... » Son visage s'est assombri et elle m'a redonné un coup de pied. Les vigiles ont aussitôt recommencé à me frapper. J'ai compris que tout ce que je pouvais dire ne servirait à rien. Si ça continuait, j'allais vraiment y passer. Après avoir craché du sang suite à un énième coup, j'ai rassemblé mes dernières forces pour attraper mon téléphone qui avait glissé au sol. « Arrêtez... Je... Je vais l'écrire. » Satisfaite de ma soumission, elle a fait signe aux gardes de s'arrêter. Elle s'est accroupie et m'a tapoté la joue gonflée. « Ce n'était pas plus simple dès le début ? Tu avais vraiment besoin de te faire tabasser pour comprendre ? » « Et tu ne vas pas seulement l'écrire. Tu vas t'excuser en vidéo. Admets que tu as essayé de le séduire et promets de dégager pour toujours ! » Allongée sur le sol gelé, je luttais pour respirer, mes poumons me brûlant à chaque inspiration. Je l'ai ignorée. Mes mains tremblantes ont déverrouillé mon téléphone pour appeler ma meilleure amie, Margaux Laurent. Elle a décroché presque immédiatement. « Margaux... Viens vite à l'entreprise de mon frère... Dans la réserve... Amène du monde... » « J'arrive tout de suite. » Margaux a hésité une seconde, comprenant que quelque chose clochait. « Léna ? Qu'est-ce qui se passe ? Ta voix... » « Ne pose pas de questions, dépêche-toi. » J'ai coupé l'appel. En m'entendant appeler à l'aide, Inès n'a pas eu l'air inquiète du tout. Au contraire, elle a ricané : « Tu appelles tes potes ? Parfait, amène qui tu veux. Personne ne te sauvera aujourd'hui ! » Son air suffisant était insupportable. 3. Margaux est arrivée d'une rapidité impressionnante. Peu de temps après, la porte de la réserve a été fracturée de l'extérieur. Margaux a fait irruption avec deux gardes du corps. En voyant le sang au coin de ma bouche, mes vêtements déchirés et mon corps recroquevillé par terre, elle a été horrifiée. Elle s'est précipitée pour m'aider à me relever. J'ai secoué la tête, lui faisant signe de ne rien dire. En voyant les gardes du corps, le visage d'Inès a changé, mais elle a quand même essayé de faire la fière : « Vous êtes qui, vous ? C'est une affaire interne à l'entreprise. Vous devez partir ! » Margaux l'a totalement ignorée, m'aidant à marcher tandis que ses gardes du corps nous entouraient. « Arrêtez ! Vous vous prenez pour qui ? » Inès a essayé de nous barrer la route, mais elle a vite reculé quand l'un des gardes du corps lui a jeté un regard noir à glacer le sang. Serrant les dents à cause de la douleur atroce, j'ai boité hors de cet endroit immonde, soutenue par Margaux. Arrivées à la sortie, j'ai soufflé à Margaux : « Merci. » Elle avait l'air terrifiée pour moi : « Qu'est-ce qui s'est passé, bordel ? Comment tu as pu te retrouver dans cet état ? » J'ai eu un rire amer, grimaçant de douleur à cause de ma lèvre fendue : « Bastien s'est dégoté une sacrée petite amie. Je dois lui toucher deux mots. » J'ai sorti mon téléphone et j'ai appelé le directeur général qui gérait réellement l'agence de design. C'est moi qui l'avais placé là pour surveiller mon frère, et il m'était extrêmement loyal. Il a décroché à la première sonnerie. Je suis allée droit au but, d'une voix glaciale : « Vous avez dix minutes pour virer une réceptionniste nommée Inès Bartoli. » « Sinon, la famille Castille coupe tous ses financements et retire son soutien à l'entreprise. Jusqu'au dernier centime. » À l'autre bout du fil, le directeur général a paniqué instantanément. Il a dû remarquer la détresse et la colère dans ma voix, car il a accepté immédiatement, trop terrifié pour poser la moindre question. J'ai raccroché et j'ai dit à Margaux : « Emmène-moi au Domaine des Hauts. » Dans la voiture, surmontant la douleur, j'ai passé un autre appel avec mon second téléphone. « Marc, rassemble ton équipe et va à la villa de Bastien Castille. Tout de suite. » Une fois arrivées au Domaine des Hauts, mon médecin privé a soigné mes blessures immédiatement. Une fois soignée, la colère en moi n'a fait que grandir — comme de l'essence jetée sur un brasier. Je voulais des réponses. Je voulais que Bastien s'explique en face. Mon équipe l'a localisé : il organisait une fête dans sa villa. J'ai demandé au chauffeur de m'y conduire après avoir renvoyé Margaux chez elle pour qu'elle se repose. Cette villa, au passage, était encore un cadeau de ma part. Quand je suis arrivée devant, j'ai entendu de la musique métal assourdissante qui résonnait à travers les murs. Et des bruits de fête. Les gens s'amusaient visiblement très bien. Il faisait la fête ? Tu m'étonnes qu'il ne répondait pas à mes appels tout à l'heure. La porte d'entrée était entrouverte. Pour une raison étrange, j'ai hésité avant d'entrer. C'est là que j'ai entendu une voix féminine familière. Elle pleurait. C'était Inès Bartoli. Elle sanglotait devant tous les invités, se faisant passer pour la victime — affirmant qu'une folle l'avait agressée et l'avait fait virer sans aucune raison. « Je faisais juste mon boulot, je ne voulais pas laisser entrer cette folle, et elle a envoyé ses gorilles me tabasser ! Et puis elle m'a fait virer sur un coup de tête... » « Bastien, elle est complètement tarée... Elle n'a aucun respect pour toi ! » « Elle veut juste m'humilier et nous séparer ! » À l'intérieur, les potes de Bastien ont commencé à acquiescer, révoltés pour elle. Bastien l'a serrée dans ses bras, la consolant bruyamment avec un ton plein de fausse sollicitude. « T'inquiète pas, je ne vais pas la laisser s'en tirer comme ça ! » Puis, essayant de jouer les durs, il a annoncé à toute la pièce : « Quand je vais lui mettre la main dessus, je vais la forcer à ramper pour te demander pardon ! » Autour d'eux, les gosses de riches l'excitaient, criant qu'ils allaient me faire payer. « Bastien, dis juste un mot et on va la choper tout de suite ! » « Grave ! Montre-lui qui est le patron ! » J'en avais assez entendu. J'ai fait un bref signe de tête, et mon garde du corps a enfoncé la porte d'un coup de pied. La musique s'est coupée net. Les rires se sont éteints instantanément. Des dizaines de visages choqués se sont tournés vers l'entrée. « Pas besoin de me chercher. Je suis là. Alors, qui veut me donner une leçon ? » 4. Le silence s'est installé, seul le bruit de mes talons résonnant sur le carrelage. Je me suis avancée lentement vers le couple enlacé au milieu du salon. La tête de Bastien valait de l'or. D'abord le choc, puis la terreur pure. Il est devenu livide. Il a instinctivement repoussé Inès, comme s'il s'apprêtait à se lever. Mais en voyant les larmes d'Inès, il a hésité, l'air partagé. Finalement, sa peur s'est transformée en une sorte de fierté débile et mal placée. Il est d'abord resté assis, me fixant du regard pour masquer sa trouille. Quant à Inès, quand elle m'a reconnue, ses yeux se sont écarquillés de stupeur. Mais elle a vite repris contenance, réalisant qu'elle était chez Bastien, entourée de tous ses potes. Elle s'est blottie encore plus fort contre Bastien et s'est mise à pleurer à chaudes larmes. « C'est elle... C'est elle qui m'a fait du mal... » Elle pleurnichait tout en me jetant des regards pleins de haine et de triomphe. Genre : *Tu vois ? Il me protège quand même.* Je l'ai ignorée, gardant les yeux rivés sur Bastien. « Bastien, j'ai une question pour toi. » « Tu ne venais pas de dire que tu me ferais ramper pour demander pardon à ta copine ? » Bastien a déglouti difficilement, ses lèvres tremblant sans qu'aucun son ne sorte. Il avait une peur bleue de moi. Depuis qu'on était gamins. Il savait très bien qui tirait les ficelles dans cette famille. Ses potes se regardaient, visiblement paumés face à ce qui se jouait sous leurs yeux. Un blondinet bourré de thunes — cherchant sans doute à impressionner Inès — s'est avancé. « T'es qui toi, bordel ? Tu parles pas sur ce ton à Bastien ! » « Tu as intérêt à t'excuser auprès d'Inès tout de suite, sinon... » Il n'a pas pu finir sa phrase. Mon garde du corps s'est interposé, le visage de marbre, lui barrant la route. Le blondinet s'est écrasé direct sous le regard menaçant du colosse. J'ai contourné mon garde du corps pour me poster juste devant Bastien, le toisant de haut. « Je vois que tu n'as pas l'intention de t'expliquer. » Bastien a fini par se lever, le cou tendu par la nervosité. Il m'a tirée à l'écart, la voix basse et pressante, entre supplication et agacement. « Léna, tu cherches quoi là ? » « Tu es obligée de m'afficher devant mes potes ? » « Inès ne pensait pas à mal, elle est juste un peu cash. Tu peux pas passer l'éponge pour une fois ? » En le regardant, j'ai trouvé la situation d'un ridicule absolu. Passer l'éponge ? Après qu'elle m'ait fait tabasser à moitié à mort, qu'elle ait détruit des documents cruciaux et qu'elle m'ait séquestrée dans une réserve, il me demandait de passer l'éponge ? « Bastien. » Mon ton était froid et tranchant. « Tu te fous de ma gueule ? » « Je... » Il n'a pas pu terminer, fuyant mon regard. À ce moment-là, des portières ont claqué à l'extérieur, suivies de bruits de pas lourds approchant de la villa. Tous les invités se sont tournés vers l'entrée, intrigués. Marc est entré, suivi de plusieurs hommes au visage fermé. Ignorant les regards, ils ont marché droit vers moi. Marc a incliné la tête respectueusement : « Mademoiselle. » J'ai désigné Inès d'un mouvement de menton : « Embarquez-la. » Inès s'est mise à hurler de plus belle : « Bastien ! C'est qui ces gens ?! Tu fais quoi ?! À l'aide ! Aidez-moi ! » Bastien est devenu blanc comme un linge et a tenté de s'interposé : « Pourquoi t'amènes ces mecs chez moi ?! Relâchez-la ! » Les hommes de Marc ont agi sans perdre une seconde, saisissant Inès par les bras pour la traîner dehors malgré ses hurlements et ses coups de pied.

Chapitres (4)

第1章

Je suis passée à l'entreprise de mon frère pour lui déposer des documents, mais une femme que je ne connaissais pas m'a barré la route à l'accueil. « Je viens voir Bastien Castille. Je suis sa sœur », ai-je expliqué calmement. Elle a ricané. « Depuis quand il a une sœur, lui ? T'es juste une michto de plus, non ? » « Que ce soit bien clair : Bastien est MON mec ! J'ai déjà géré pas mal de filles sans scrupules qui essayaient de le draguer au bureau. Dégage d'ici avant que j'appelle la sécurité pour te jeter dehors ! » J'ai tout de suite envoyé un message à mon assistant : *Dis à Bastien Castille de descendre immédiatement.* Ce que personne ne savait, c'est que tout ce qui appartenait à notre famille — y compris cette entreprise — m'appartenait en réalité. Même cet abruti de frère. « Arrête de traîner là », a craché Inès Bartoli, le ton plein de venin. Elle me prenait clairement pour une arriviste désespérée. « Casse-toi, ou j'appelle la sécurité. » Plusieurs employés commençaient déjà à nous jeter des regards en coin. J'ai froncé les sourcils. Pas de temps à perdre avec ces conneries. J'ai sorti mon téléphone pour appeler directement mon frère. Mais je suis tombée sur son répondeur. Indisponible. J'ai réessayé. Pareil. Qu'est-ce que ce crétin foutait pendant les heures de boulot ? J'ai rangé mon téléphone et j'ai fait face à cette femme agressive, en articulant bien chaque mot : « Laisse-moi éclaircir les choses. Je m'appelle Léna Castille, et je suis la sœur de Bastien Castille — la sœur du PDG. » « Il ne répond pas pour l'instant. N'hésite pas à demander à n'importe qui dans l'entreprise ou à chercher mon nom dans l'annuaire interne. » Je pensais que ça réglerait l'affaire rapidement. Mais en entendant mon nom, la réceptionniste n'a même pas pris la peine de vérifier. À la place, elle a lâché un rire strident et moqueur. Elle riait si fort qu'elle en avait mal au ventre, attirant encore plus les regards curieux des passants. Puis elle s'est soudainement approchée, baissant d'un ton pour me chuchoter de façon venimeuse : « Tu continues ton petit jeu ? J'ai vu ta tête sur le téléphone de Bastien ! » « Espèce de briseuse de ménage ! Tu tournes autour de mon mec en douce ! » « Et maintenant, tu as le culot de te pointer dans sa boîte ? Tu n'as aucun respect pour toi-même ? » Je suis restée figée une seconde. J'ai jeté un coup d'œil à son badge — Inès Bartoli — et j'ai secoué la tête, incrédule. C'était donc elle, la petite amie mystérieuse de Bastien. Celle dont il refusait même de me montrer une photo. Il s'avérait que c'était juste une fille mesquine et vulgaire. Comment pouvait-il avoir des goûts aussi désastreux ? J'ai compris que cette confrontation n'était pas un malentendu. C'était du harcèlement pur et simple. Avant que je ne puisse réagir, elle a complètement perdu patience. « Puisque cette femme refuse de partir et perturbe notre espace de travail, je ne serai pas responsable de ce qui va lui arriver ! » Elle a fait un signe de la main, et deux vigiles baraqués qui se tenaient à proximité se sont immédiatement avancés. L'un m'a plaqué la main sur la bouche tandis que l'autre me tordait violemment les bras dans le dos. Je me suis débattue de toutes mes forces, mais la différence de taille était trop grande. Ma résistance ne servait à rien. Ignorant mes éclairs de colère et les regards choqués des employés, ils m'ont traînée hors du hall, direction la réserve à l'arrière. Ils m'ont jetée brutalement dans un coin poussiéreux encombré de cartons. L'air y était lourd et étouffant. La porte s'est refermée dans un claquement sec, me coupant de toute lumière et du bruit de l'extérieur.

第2章

Dans l'obscurité, la réceptionniste n'a pas dit un mot avant de lever son talon aiguille et de m'enfoncer un grand coup dans le ventre. La douleur aiguë m'a pliée en deux instantanément, me soulevant le cœur. « Ça, c'est pour avoir essayé de détruire mon couple ! » « Ça, c'est pour l'avoir dragué ! » Elle hurlait, la voix déformée par la jalousie et la rage. Elle m'a regardée de haut avant d'ordonner aux deux hommes : « Donnez-lui une bonne leçon ! Qu'elle le regrette amèrement ! » Les vigiles étaient visiblement à sa solde. Sans aucune hésitation, ils ont commencé à me ruer de coups. J'ai mordu ma lèvre pour ne pas hurler de douleur. J'avais l'impression que mes os se brisaient et que mes organes éclataient. Sa voix stridente résonnait : « Tu t'es prise pour qui ? Une traînée désespérée qui essaie de me voler mon mec ! » « Je t'ai dit que je suis sa sœur ! Si tu ne me crois pas, appelle Bastien tout de suite ! Je vais lui parler moi-même ! » J'essayais de m'expliquer, mais elle ne voulait rien entendre. Elle n'a fait signe aux vigiles d'arrêter que lorsque j'ai commencé à perdre connaissance. Elle a posé son talon aiguille sur mon épaule, puis a ramassé l'enveloppe déchirée par terre. Elle a écrasé les documents sous sa semelle en me lançant un sourire sadique : « Tu as intérêt à t'excuser tout de suite et à admettre tes torts. Tu vas écrire un mot où tu jures de ne plus jamais approcher mon petit ami. » « Voilà ce qui arrive quand on cherche à me voler mon homme et qu'on a le culot de venir ici. » « Je n'ai pas peur des conséquences. Bastien réglera tout pour moi. » Je me suis recroquevillée de douleur, trouvant à peine la force de parler : « Ces documents... étaient importants... » Son visage s'est assombri et elle m'a redonné un coup de pied. Les vigiles ont aussitôt recommencé à me frapper. J'ai compris que tout ce que je pouvais dire ne servirait à rien. Si ça continuait, j'allais vraiment y passer. Après avoir craché du sang suite à un énième coup, j'ai rassemblé mes dernières forces pour attraper mon téléphone qui avait glissé au sol. « Arrêtez... Je... Je vais l'écrire. » Satisfaite de ma soumission, elle a fait signe aux gardes de s'arrêter. Elle s'est accroupie et m'a tapoté la joue gonflée. « Ce n'était pas plus simple dès le début ? Tu avais vraiment besoin de te faire tabasser pour comprendre ? » « Et tu ne vas pas seulement l'écrire. Tu vas t'excuser en vidéo. Admets que tu as essayé de le séduire et promets de dégager pour toujours ! » Allongée sur le sol gelé, je luttais pour respirer, mes poumons me brûlant à chaque inspiration. Je l'ai ignorée. Mes mains tremblantes ont déverrouillé mon téléphone pour appeler ma meilleure amie, Margaux Laurent. Elle a décroché presque immédiatement. « Margaux... Viens vite à l'entreprise de mon frère... Dans la réserve... Amène du monde... » « J'arrive tout de suite. » Margaux a hésité une seconde, comprenant que quelque chose clochait. « Léna ? Qu'est-ce qui se passe ? Ta voix... » « Ne pose pas de questions, dépêche-toi. » J'ai coupé l'appel. En m'entendant appeler à l'aide, Inès n'a pas eu l'air inquiète du tout. Au contraire, elle a ricané : « Tu appelles tes potes ? Parfait, amène qui tu veux. Personne ne te sauvera aujourd'hui ! » Son air suffisant était insupportable.

第3章

Margaux est arrivée d'une rapidité impressionnante. Peu de temps après, la porte de la réserve a été fracturée de l'extérieur. Margaux a fait irruption avec deux gardes du corps. En voyant le sang au coin de ma bouche, mes vêtements déchirés et mon corps recroquevillé par terre, elle a été horrifiée. Elle s'est précipitée pour m'aider à me relever. J'ai secoué la tête, lui faisant signe de ne rien dire. En voyant les gardes du corps, le visage d'Inès a changé, mais elle a quand même essayé de faire la fière : « Vous êtes qui, vous ? C'est une affaire interne à l'entreprise. Vous devez partir ! » Margaux l'a totalement ignorée, m'aidant à marcher tandis que ses gardes du corps nous entouraient. « Arrêtez ! Vous vous prenez pour qui ? » Inès a essayé de nous barrer la route, mais elle a vite reculé quand l'un des gardes du corps lui a jeté un regard noir à glacer le sang. Serrant les dents à cause de la douleur atroce, j'ai boité hors de cet endroit immonde, soutenue par Margaux. Arrivées à la sortie, j'ai soufflé à Margaux : « Merci. » Elle avait l'air terrifiée pour moi : « Qu'est-ce qui s'est passé, bordel ? Comment tu as pu te retrouver dans cet état ? » J'ai eu un rire amer, grimaçant de douleur à cause de ma lèvre fendue : « Bastien s'est dégoté une sacrée petite amie. Je dois lui toucher deux mots. » J'ai sorti mon téléphone et j'ai appelé le directeur général qui gérait réellement l'agence de design. C'est moi qui l'avais placé là pour surveiller mon frère, et il m'était extrêmement loyal. Il a décroché à la première sonnerie. Je suis allée droit au but, d'une voix glaciale : « Vous avez dix minutes pour virer une réceptionniste nommée Inès Bartoli. » « Sinon, la famille Castille coupe tous ses financements et retire son soutien à l'entreprise. Jusqu'au dernier centime. » À l'autre bout du fil, le directeur général a paniqué instantanément. Il a dû remarquer la détresse et la colère dans ma voix, car il a accepté immédiatement, trop terrifié pour poser la moindre question. J'ai raccroché et j'ai dit à Margaux : « Emmène-moi au Domaine des Hauts. » Dans la voiture, surmontant la douleur, j'ai passé un autre appel avec mon second téléphone. « Marc, rassemble ton équipe et va à la villa de Bastien Castille. Tout de suite. » Une fois arrivées au Domaine des Hauts, mon médecin privé a soigné mes blessures immédiatement. Une fois soignée, la colère en moi n'a fait que grandir — comme de l'essence jetée sur un brasier. Je voulais des réponses. Je voulais que Bastien s'explique en face. Mon équipe l'a localisé : il organisait une fête dans sa villa. J'ai demandé au chauffeur de m'y conduire après avoir renvoyé Margaux chez elle pour qu'elle se repose. Cette villa, au passage, était encore un cadeau de ma part. Quand je suis arrivée devant, j'ai entendu de la musique métal assourdissante qui résonnait à travers les murs. Et des bruits de fête. Les gens s'amusaient visiblement très bien. Il faisait la fête ? Tu m'étonnes qu'il ne répondait pas à mes appels tout à l'heure. La porte d'entrée était entrouverte. Pour une raison étrange, j'ai hésité avant d'entrer. C'est là que j'ai entendu une voix féminine familière. Elle pleurait. C'était Inès Bartoli. Elle sanglotait devant tous les invités, se faisant passer pour la victime — affirmant qu'une folle l'avait agressée et l'avait fait virer sans aucune raison. « Je faisais juste mon boulot, je ne voulais pas laisser entrer cette folle, et elle a envoyé ses gorilles me tabasser ! Et puis elle m'a fait virer sur un coup de tête... » « Bastien, elle est complètement tarée... Elle n'a aucun respect pour toi ! » « Elle veut juste m'humilier et nous séparer ! » À l'intérieur, les potes de Bastien ont commencé à acquiescer, révoltés pour elle. Bastien l'a serrée dans ses bras, la consolant bruyamment avec un ton plein de fausse sollicitude. « T'inquiète pas, je ne vais pas la laisser s'en tirer comme ça ! » Puis, essayant de jouer les durs, il a annoncé à toute la pièce : « Quand je vais lui mettre la main dessus, je vais la forcer à ramper pour te demander pardon ! » Autour d'eux, les gosses de riches l'excitaient, criant qu'ils allaient me faire payer. « Bastien, dis juste un mot et on va la choper tout de suite ! » « Grave ! Montre-lui qui est le patron ! » J'en avais assez entendu. J'ai fait un bref signe de tête, et mon garde du corps a enfoncé la porte d'un coup de pied. La musique s'est coupée net. Les rires se sont éteints instantanément. Des dizaines de visages choqués se sont tournés vers l'entrée. « Pas besoin de me chercher. Je suis là. Alors, qui veut me donner une leçon ? »

第4章

Le silence s'est installé, seul le bruit de mes talons résonnant sur le carrelage. Je me suis avancée lentement vers le couple enlacé au milieu du salon. La tête de Bastien valait de l'or. D'abord le choc, puis la terreur pure. Il est devenu livide. Il a instinctivement repoussé Inès, comme s'il s'apprêtait à se lever. Mais en voyant les larmes d'Inès, il a hésité, l'air partagé. Finalement, sa peur s'est transformée en une sorte de fierté débile et mal placée. Il est d'abord resté assis, me fixant du regard pour masquer sa trouille. Quant à Inès, quand elle m'a reconnue, ses yeux se sont écarquillés de stupeur. Mais elle a vite repris contenance, réalisant qu'elle était chez Bastien, entourée de tous ses potes. Elle s'est blottie encore plus fort contre Bastien et s'est mise à pleurer à chaudes larmes. « C'est elle... C'est elle qui m'a fait du mal... » Elle pleurnichait tout en me jetant des regards pleins de haine et de triomphe. Genre : *Tu vois ? Il me protège quand même.* Je l'ai ignorée, gardant les yeux rivés sur Bastien. « Bastien, j'ai une question pour toi. » « Tu ne venais pas de dire que tu me ferais ramper pour demander pardon à ta copine ? » Bastien a déglouti difficilement, ses lèvres tremblant sans qu'aucun son ne sorte. Il avait une peur bleue de moi. Depuis qu'on était gamins. Il savait très bien qui tirait les ficelles dans cette famille. Ses potes se regardaient, visiblement paumés face à ce qui se jouait sous leurs yeux. Un blondinet bourré de thunes — cherchant sans doute à impressionner Inès — s'est avancé. « T'es qui toi, bordel ? Tu parles pas sur ce ton à Bastien ! » « Tu as intérêt à t'excuser auprès d'Inès tout de suite, sinon... » Il n'a pas pu finir sa phrase. Mon garde du corps s'est interposé, le visage de marbre, lui barrant la route. Le blondinet s'est écrasé direct sous le regard menaçant du colosse. J'ai contourné mon garde du corps pour me poster juste devant Bastien, le toisant de haut. « Je vois que tu n'as pas l'intention de t'expliquer. » Bastien a fini par se lever, le cou tendu par la nervosité. Il m'a tirée à l'écart, la voix basse et pressante, entre supplication et agacement. « Léna, tu cherches quoi là ? » « Tu es obligée de m'afficher devant mes potes ? » « Inès ne pensait pas à mal, elle est juste un peu cash. Tu peux pas passer l'éponge pour une fois ? » En le regardant, j'ai trouvé la situation d'un ridicule absolu. Passer l'éponge ? Après qu'elle m'ait fait tabasser à moitié à mort, qu'elle ait détruit des documents cruciaux et qu'elle m'ait séquestrée dans une réserve, il me demandait de passer l'éponge ? « Bastien. » Mon ton était froid et tranchant. « Tu te fous de ma gueule ? » « Je... » Il n'a pas pu terminer, fuyant mon regard. À ce moment-là, des portières ont claqué à l'extérieur, suivies de bruits de pas lourds approchant de la villa. Tous les invités se sont tournés vers l'entrée, intrigués. Marc est entré, suivi de plusieurs hommes au visage fermé. Ignorant les regards, ils ont marché droit vers moi. Marc a incliné la tête respectueusement : « Mademoiselle. » J'ai désigné Inès d'un mouvement de menton : « Embarquez-la. » Inès s'est mise à hurler de plus belle : « Bastien ! C'est qui ces gens ?! Tu fais quoi ?! À l'aide ! Aidez-moi ! » Bastien est devenu blanc comme un linge et a tenté de s'interposé : « Pourquoi t'amènes ces mecs chez moi ?! Relâchez-la ! » Les hommes de Marc ont agi sans perdre une seconde, saisissant Inès par les bras pour la traîner dehors malgré ses hurlements et ses coups de pied.

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