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Morte pour une courte paille L'amour truqué de ma mère
Ma mère disait toujours que pour nous aimer équitablement, ma sœur et moi, elle s'en remettait au destin. On tirait au sort. Celle de nous deux qui tirait la paille la plus longue obtenait ce qu’elle voulait : son plat préféré, des vêtements neufs, et même les câlins et les bisous de nos parents. Mais je tirais toujours la paille la plus courte. Quand je disais à maman que ce n’était pas juste, elle me criait dessus. « Si tu ne tires jamais la bonne paille, Léa, tu ne peux t'en prendre qu'à ton manque de chance ! » Puis est venu le jour de mon anniversaire. Léna voulait aller à Disneyland, et maman nous a fait tirer au sort, comme d'habitude. En cachette, j’ai collé les deux pailles ensemble pour qu’elles soient de la même taille. Mais maman s'en est rendu compte. Elle m'a collé une gifle monumentale en hurlant que j'étais une tricheuse et une enfant rebelle, puis elle a emmené Léna à Disneyland. Je suis tombée par terre, et les deux pailles m’ont sauvagement transpercé le cou. Un liquide chaud a commencé à couler de ma gorge, trempant mes cheveux. Le sol était sale. Maman allait être encore plus en colère. J'ai essayé d'essuyer le sang, mais mon corps semblait n'être plus que de l'air. Je flottais au-dessus du sol. J'ai compris que j'étais morte. Je savais ce que c'était que la mort. Quand j'avais sept ans, ma mamie Suzanne s'était effondrée sur le sol, exactement comme ça, et elle était morte. Ce jour-là, elle s'était violemment disputée avec maman, la traitant de folle égocentrique. « L'amour ne se joue pas au sort. Soit tu l'aimes, soit tu ne l'aimes pas ! Pourquoi te cacher derrière ce jeu débile ? Si tu ne veux pas de Léa, je l'emmène chez moi tout de suite ! » « Sinon, jette cette foutue boîte et traite tes deux filles de la même manière ! » Maman avait ricané. « Ma façon d'aimer mes enfants ne te regarde pas. Bien sûr que je les aime toutes les deux. » « Mais on a toujours des préférences, c'est incontrôlable. C'est pour ça que j'ai acheté cette boîte. Pour être parfaitement impartiale. » « Elles obtiennent ce qu'elles veulent grâce à leur propre chance. Thomas et moi, on n'intervient pas. Si elle ne tire que des courtes pailles, c’est juste qu’elle est maudite ! » Mamie Suzanne était entrée dans une telle colère qu'elle avait fait un AVC. Elle ne s'est plus jamais réveillée. Après ça, le système de maman est devenu encore plus cruel. S'il y avait deux muffins à la maison, maman nous faisait tirer au sort. Si je tirais la courte paille, la longue revenait d'office à Léna. Du coup, les deux muffins finissaient dans l'assiette de Léna. On tirait même à la courte paille pour le dîner. Comme je perdais à chaque fois, maman ne cuisinait que les plats préférés de Léna, même ceux auxquels j'étais allergique. Maman se contentait de soupirer d'un air impuissant : « Les règles sont les règles, Léa. Je n'y peux rien. Pourquoi faut-il que tu tires toujours la mauvaise ? » Même quand j'avais 39 de fièvre et que je la suppliais en pleurant de me prendre dans ses bras, elle m'imposait de tirer une paille. Et quand je perdais, elle prenait Léna dans ses bras à ma place. « Ma pauvre Léa, tu as vraiment une scoumoune incroyable. » Toute ma vie tournait autour de ces pailles. Et même morte, j'y pensais encore. Le cercueil de mamie Suzanne était grand et spacieux. C'est maman qui l'avait acheté, et tout le monde l'avait félicitée pour sa générosité. Je voulais que maman soit aussi gentille avec moi. Pendant de longues années, j'avais dormi dans un lit trop petit où je ne pouvais même pas tendre les jambes. Ça aussi, c'était parce que j'avais perdu un tirage au sort. Je voulais retrouver maman pour la supplier de me laisser tirer une paille. Si par miracle je tirais la longue, elle accepterait sûrement de m'acheter un grand et beau cercueil. Mon âme a flotté vers la porte d'entrée. Soudain, j'ai entendu des pas dehors. Mes yeux se sont illuminés. C'était maman.« Maman ! » Je me suis approchée d'elle, toute excitée. Mais maman est passée à travers moi. C'est là que j'ai compris : je ne pouvais plus la toucher. Je l'ai suivie, murmurant timidement ma requête. Maman ne m'entendait pas. De toute façon, elle n'était pas revenue parce qu'elle s'inquiétait pour moi. Elle avait juste oublié ses clés de voiture. Quand son regard s'est tourné vers la porte de ma chambre, je me suis sentie comme une enfant prise en faute. J'ai essayé de lui expliquer, anxieuse : « Je ne voulais pas mourir... et j'ai sali la maison. Je suis désolée, maman, je vais... » Puis je me suis souvenue, le cœur serré : « Je ne peux pas nettoyer. Je... je suis déjà morte... » Maman s'est arrêtée devant ma porte, la voix froide. « Tu as tellement grandi que tu ne daignes même plus venir me saluer. Quel caractère de cochon. Tu me boudes, c'est ça ? » « Laisse-moi te dire une chose : faire la tête ne changera rien. Tu ne peux t'en prendre qu'à ta mauvaise étoile. » Voyant que je n'ouvrais pas, maman a secoué la poignée avec colère. C'est à ce moment-là que Léna est entrée en courant. « Maman, dépêche-toi ! Les portes du parc vont ouvrir ! » Maman a abandonné l'idée d'entrer. Elle a attrapé ses clés en soufflant. « On va rester là-bas jusqu'à ce soir. On ne rentrera pas pour dîner. Tu n'auras qu'à manger le pilon de poulet qui reste sur la table. Ne viens pas dire que je suis injuste. » « Léna n'en a même pas eu, et pour une fois, je ne te fais même pas tirer au sort. C'est presque du favoritisme. » Le pilon de poulet sur la table, c'était le reste d'hier de Léna. Maman l'avait acheté au supermarché et nous avait fait tirer au sort. J'avais perdu, encore. Je n'avais pas mangé de viande depuis si longtemps... J'avais tellement faim que j'avais juste voulu le toucher. Maman m'avait frappé la main jusqu'à ce qu'elle devienne rouge, me hurlant dessus avec dégoût : « Tu as oublié les règles ? Tu as perdu, donc ce poulet est à Léna. Ça ne te regarde pas. Touche-y encore et je te coupe les doigts. » « Je n'ai jamais vu une gamine aussi gourmande et ingrate. On dirait que je te laisse mourir de faim. » Et aujourd'hui, elle me le laissait. Maman était si gentille. J'étais heureuse, mais j'oubliais que j'étais un fantôme. Je ne pouvais même pas attraper le poulet. Soudain, Flocon, un chat errant tout blanc, est entré par la fenêtre et a volé le pilon de poulet. Il a feulé contre moi. Je n'ai rien pu faire. Je me suis juste recroquevillée tristement dans mon coin. Je ne sais pas combien de temps est passé. Thomas, Sandrine et Léna sont enfin rentrés, tout souriants. « Maman, les pandas géants étaient trop mignons ! Je les adore ! Tu m'en achètes un ? » Maman a embrassé le front de Léna avec tendresse. « Ta maman n'est pas magicienne, ma puce. » Léna a boudé un peu en reculant. « Ne m'embrasse pas ! On n'a pas encore fait le tirage au sort. Si Léa nous voit, elle va encore pleurer à l'injustice. » « Mais elle est sûrement en train de pleurnicher dans sa chambre. Après tout, c'est son anniversaire aujourd'hui. » Maman a jeté un œil à la table. Le poulet avait disparu. Elle a laissé échapper un petit rire sec, absolument convaincue de son coup. « Si elle avait tiré la bonne paille, je l'aurais embrassée aussi. Dommage qu'elle soit née sous une mauvaise étoile. » « En plus, elle a mangé le poulet. Elle fait exprès de ne pas sortir. Ta sœur est d'une rancune maladive, ne t'occupe pas d'elle. » Personne ne pouvait me voir, et personne ne savait que j'étais morte dans ma chambre. Maman a commencé à préparer le dîner. Elle a crié vers ma chambre d'un ton provocateur : « Il y a quelqu'un qui est *sûr* de ne pas vouloir sortir pour le tirage au sort ? Très bien, alors je ne cuisine que les plats préférés de Léna. Ne viens pas chouiner après ! » Papa, qui regardait la télé, a grommelé d'un air agacé : « Pourquoi tu t'embêtes avec elle ? Si elle refuse de jouer, fais ce que Léna aime. Laisse-la bouder dans son coin ! » « On la nourrit, on la loge depuis des années, et elle n'est même pas foutue d'être reconnaissante. Tout ce qu'elle sait faire, c'est nous en vouloir. Quelle ingrate ! » Je me tenais près d'eux, pensive. Et si j'avais participé ? Pendant dix ans, la table du dîner n'avait été remplie que des plats préférés de Léna. Moi, je devais me contenter de pain sec ou de riz nature. Mais mes parents ne m'avaient pas laissée mourir de faim. N'est-ce pas ?Maman a fini de cuisiner les plats préférés de Léna. Ils se sont installés tous les trois, riant et discutant chaleureusement. Ils avaient l'air si heureux, si soudés. Me sentant un peu seule, je me suis approchée de maman. Soudain, j'ai remarqué une boîte de gâteau de pâtisserie sur la chaise d'à côté. Je l'ai montrée fièrement à Flocon, qui était assis sur le rebord de la fenêtre. « Tu as vu ? Papa et maman m'ont acheté un gâteau ! Ils n'ont pas oublié mon anniversaire ! » Flocon m'a regardée avec un air qui semblait se moquer de moi. Maman a tendu le gâteau à Léna, lui disant qu'elle l'avait acheté spécialement pour elle parce qu'elle en avait envie. Comme si elle avait peur que je l'entende, elle a baissé la voix : « Va manger ça dans ta chambre en cachette. Sinon, ta sœur va encore faire une scène et venir pleurer dans mes jupes. » Je n'avais pleuré qu'une seule fois dans ma vie, mais maman me le ressortait depuis dix ans. En fait, je n'étais même plus très triste. Je savais que même si on avait fait le tirage au sort, j'aurais perdu. J'étais tellement malchanceuse. Le gâteau serait quand même revenu à Léna. « Je n'ai jamais mangé de gâteau de ma vie. Et toi ? » ai-je demandé à Flocon. Soudain, le chat a bondi à l'intérieur, a fait tomber le gâteau des mains de Léna d'un coup de patte, et s'est enfui à toute vitesse. Léna s'est retrouvée avec une griffure sur la main. Elle a éclaté en sanglots. Maman, folle de rage, a attrapé un vase et l'a fracassé violemment contre la porte de ma chambre. « Léa ! Tu as fait exprès de laisser la fenêtre ouverte pour blesser ta sœur ?! » Voyant que je ne répondais toujours pas, maman est devenue hystérique, mais papa l'a retenue. « Ça suffit ! Laisse-la pour l'instant. On doit emmener Léna aux urgences. On réglera son compte à cette petite peste en rentrant ! » Quand ils sont revenus, il était plus de minuit. Papa et maman ont tambouriné ensemble sur ma porte. Devant le silence de plomb, ils ont perdu toute patience. Papa est allé chercher un marteau pour enfoncer la porte. Mais un voisin s'est plaint du bruit dans le couloir, alors ils ont arrêté, crachant un torrent d'insultes à travers le bois. Le lendemain, maman a acheté une magnifique robe de princesse à Léna. Léna tournait sur elle-même pour la montrer. « J'ai pleuré pendant le vaccin, alors maman a eu de la peine pour moi. Elle m'a acheté cette robe et on est allés manger un super steak au resto. » « Toi, tu n'as jamais mangé ça, hein ? C'est de ta faute si tu es si poissarde. Si tu avais tiré la bonne paille, maman t'aurait emmenée aussi. » Mon sang a commencé à s'écouler sous la porte. Léna a marché dedans et a glissé. Elle a poussé un hurlement strident, alertant nos parents. « Qu'est-ce qui se passe ? D'où vient tout ce sang ? » Papa a regardé la fente sous la porte, le visage blême d'effroi. « On dirait que ça vient de la chambre de Léa. Léa... » Mais ses soupçons ont été coupés par les cris de Léna : « Je voulais juste lui montrer ma robe et elle m'a dit de dégager ! C'est *mon* sang ! J'ai trop mal à la tête ! » Maman a explosé. Elle s'est mise à ruer de coups de pied dans ma porte. « Léa, sors de là ! Tu as fait saigner ta sœur et tu oses encore te cacher ! » Cette fois, maman était bien décidée à ouvrir la porte. Chaque coup était plus violent que le précédent. Derrière la porte, mon corps sans vie était percuté à chaque coup, se déformant peu à peu. Je me demandais s'ils allaient avoir peur en me voyant dans cet état. La serrure n'a pas cédé. Maman a dû abandonner pour aller soigner Léna, me traitant de « gamine maudite » en s'éloignant. Ce n'était pas la première fois que Léna m'accusait à tort. Depuis qu'on était petites, dès qu'elle faisait une bêtise, elle hurlait, pleurait et rejetait la faute sur moi. Et maman, toujours si « juste », disait que peu importe qui avait tort, on réglerait ça au tirage au sort. Celle qui tirait la paille la plus courte serait punie. Et à chaque fois, c'était moi qui prenais les coups. Si j'avais encore été en vie, m'auraient-ils privée de nourriture dans le grenier cette fois-ci ? Ou m'auraient-ils forcée à passer la nuit dehors sous la pluie ? Je suis descendue au salon, et soudain, j'ai remarqué un détail. Les larmes me sont montées aux yeux. Et j'ai enfin compris pourquoi, en dix ans, je n'avais jamais tiré la paille la plus longue.La boîte de tirage au sort était tombée par terre et s'était brisée. À l'intérieur, il n'y avait aucune paille longue. Papa et maman ne m'aimaient pas. C'était exactement ce que mamie Suzanne disait : ils se cachaient juste derrière ce jeu. Ils prétendaient être impartiaux, tout en choyant Léna en secret. J'ai commencé à avoir froid. Même si j'étais déjà un fantôme. Puisque je « boudais », papa et maman ont commencé à faire comme si je n'existais plus du tout après leur retour de l'hôpital. Ils ne préparaient plus d'assiette pour moi, ils ne m'appelaient plus pour tirer au sort. Ils choyaient Léna au grand jour. C'était comme si j'étais devenue invisible dans cette maison. Jusqu'à ce que notre voisine, Madame Lambert, sente que quelque chose clochait et vienne frapper à la porte. « Sandrine, la fenêtre de notre cuisine donne juste à côté de la chambre de Léa. Vous n'avez pas senti cette odeur bizarre ? » « On dirait que quelque chose pourrit. Et ça fait des jours qu'on n'a pas vu Léa. Elle ne va même plus au collège. » Maman était en train de décortiquer un homard pour Léna, sans même lever les yeux. « Elle me fait une crise. Elle refuse de manger, et refuse d'aller en cours. Quant à l'odeur... » Maman s'est soudain levée, furieuse, avant de se diriger vers ma porte pour la marteler de coups. « Léa ! Tu as fait tes besoins dans ta chambre ou quoi ? Tu cherches quoi ? À faire croire aux voisins que je suis une mauvaise mère qui t'élève mal ? » Après avoir hurlé sans obtenir de réponse, Madame Lambert a froncé les sourcils, de plus en plus méfiante. « Quelque chose a pu lui arriver. Léa est encore si jeune. Elle ne peut pas rester sans boire ni manger pendant des jours. » Tapie dans mon coin, je levais les yeux vers maman. Je n'ai pas vu l'inquiétude que j'espérais tant, mais un visage déformé par le mépris et le sarcasme. « Elle a envoyé Léna à l'hôpital deux fois ! Et vous dites qu'il lui est *arrivé quelque chose* ? Qu'est-ce qui pourrait bien lui arriver à *elle* ? C'est Léna qui saignait de la tête, c'est à Léna qu'il est au final arrivé quelque chose ! » Madame Lambert a regardé Léna qui pleurnichait et n'a plus rien dit. Après son départ, maman a jeté tous les restes à la poubelle. « Tu veux bouder ? Très bien, on va voir combien de temps tu tiens. Je ne te laisserai pas une seule miette. » « Puisque tu refuses de sortir, je vais appeler le collège et te déscolariser. Pas besoin d'aller à l'école, ça me fera faire des économies ! » Mon corps s'est décomposé de plus en plus, et l'odeur est devenue intenable. Même papa et maman ont fini par la sentir. Pourtant, ils n'ont pas pensé une seconde que j'étais morte. Ils pensaient juste que j'étais devenue folle au point de faire mes besoins dans ma chambre. Mais Madame Lambert n'a pas pu le supporter plus longtemps. Elle a fini par appeler la police. Dès que maman a vu les agents, elle a tapé du poing sur la table, hors d'elle. « C'est quoi ce délire ? Vous venez avec toute la police pour nous arrêter ? On a tué quelqu'un ou quoi ? » « Monsieur l'agent, cette femme garde sa fille enfermée depuis des jours, sans eau ni nourriture. C'est de la maltraitance sur mineur ! » s'est écriée Madame Lambert. « Et elle n'est pas nette dans sa tête. Ce couple utilise un jeu de tirage au sort pour éduquer leurs gosses, ils disent que c'est juste, mais ils ne gâtent que la cadette et délaissent l'aînée. » « Je soupçonne que l'aînée est morte chez elle ! » En entendant ça, maman a ri jaune. « Ma façon d'éduquer mes enfants ne regarde que moi. Mêlez-vous de vos fesses. » « Monsieur l'agent, ma fille va très bien. C'est elle qui délire, arrêtez-la, elle ! » Mais les policiers qui venaient d'entrer sentaient déjà l'odeur de mort qui flottait dans l'air. Ils se sont préparés à enfoncer la porte. Maman s'est interposée. « Vous n'avez pas de mandat ! Sortez de chez moi ! » « Ma fille n'est pas morte. Elle me boude, c'est tout, et elle fait exprès de faire de la merde dans sa chambre pour m'emmerder. » Papa a tiré maman par le bras, le visage sombre. « Laisse-les ouvrir, Sandrine. Ça ne sert à rien de discuter. » « C'est ridicule. Ma femme et moi n'avons jamais maltraité nos enfants. C'est juste une crise d'adolescence, et vous vous faites des films. » « Laissez Léa sortir et vous le dire elle-même. Cette gosse devient de plus en plus insupportable. » La porte a été forcée. À la seconde où l'odeur insoutenable a envahi l'espace, tout le monde a vu mon cadavre en décomposition. Je flottais dans les airs, regardant instinctivement papa et maman.